Prothèses mammaires : Qu’est-ce qu’une « coque » ou une « fuite » ?
Ce qu’il faut retenir :
- La contracture capsulaire (« coque ») et la rupture d’implant sont les principales complications pouvant survenir après une augmentation mammaire.
- Une surveillance régulière permet de détecter ces anomalies, parfois silencieuses, et d’envisager une prise en charge adaptée.
- En cas de retrait des implants, le lipofilling mammaire constitue une alternative naturelle pour restaurer le volume des seins sans corps étranger.
Faisons connaissance
Je vous reçois en consultation pour échanger sur vos attentes et vous proposer une prise en charge sur mesure.
La « Coque » (contracture capsulaire)
Lorsqu’on insère un implant mammaire, l’organisme crée naturellement une fine membrane de cicatrisation tout autour pour l’isoler : c’est la capsule péri-prothétique. C’est une réaction normale et saine. On parle de « coque » uniquement lorsque cette membrane devient anormalement épaisse, rigide et se contracte sur l’implant.
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’une coque (hématome post-opératoire,
inflammation, ou prédisposition génétique).
Cependant, vous pouvez la prévenir grâce à un soutien-gorge de compression. Son port rigoureux (pendant 4 à 6 semaines) est un facteur préventif majeur. Il maintient l’implant dans sa position idéale et limite les frottements ainsi que les épanchements qui pourraient favoriser une réaction inflammatoire de la capsule.
Comment la remarquer ?
Elle évolue selon la classification de Baker : le sein devient plus ferme, change de forme
(paraît plus figé, plus haut ou « trop rond ») et peut devenir inconfortable, voire douloureux
dans les stades les plus avancés.
Ajouter photo 2 (légende : prothèse mammaire et sa coque chez une patiente qui avait conservé ses prothèses pendant 20 ans)
La prothèse qui « coule » (rupture et fissures)
Aujourd’hui, le gel de silicone est hautement cohésif : il ne se répand pas comme un liquide
mais garde une texture gélatineuse. Une fissure peut toutefois entraîner :
- Une modification de la souplesse du sein.
- Une légère asymétrie ou un changement de galbe.
- Des picotements ou l’apparition d’un petit ganglion au niveau de l’aisselle.
Il est crucial de comprendre que, très souvent, la patiente ne ressent absolument rien
d’anormal (rupture silencieuse).
Il arrive fréquemment que je reçoive des patientes souhaitant simplement changer leurs implants parce que la taille ne leur convient plus. C’est lors de l’intervention que nous découvrons des implants fissurés ou déjà rompus. Ce risque augmente considérablement après 15 ans de port, l’enveloppe subissant une usure mécanique inévitable avec le temps.
Que faire ? Faut-il systématiquement remplacer par une prothèse ?
Lorsqu’une complication survient (surtout une coque) ou que les implants sont usés, la question du remplacement se pose. Si l’on décide de remettre une nouvelle prothèse après une coque, il faut savoir que le risque de récidive est élevé, car votre organisme a déjà montré une tendance à réagir fortement au corps étranger.
L’alternative : Le Lipofilling mammaire
Pour les patientes qui souhaitent retirer leurs implants sans perdre le volume de leur poitrine, une solution innovante et naturelle existe : le lipofilling. On prélève votre propre graisse par liposuccion (ventre, cuisses ou culotte de cheval), on la purifie, puis on la réinjecte dans le sein.
Les avantages sont nombreux :
- Résultat naturel : Le sein retrouve une souplesse parfaite, sans corps étranger.
- Définitif : Une fois la greffe de graisse stabilisée, le résultat est permanent (contrairement aux implants qu’il faut changer).
- Sécurité totale : Aucun risque de nouvelle coque ou de rupture.
En conclusion
La réussite d’une augmentation mammaire ne s’arrête pas à l’opération. Le respect du port du soutien-gorge de compression et une surveillance régulière (échographie ou IRM) après 10 ans sont essentiels. Si vos implants sont anciens, une consultation de contrôle est
recommandée, même en l’absence de symptômes.
Dr Laurence Benouaiche
Ancienne Chef de Clinique à l’hôpital Necker – Enfants Malades, ancienne élève de l’École Normale Supérieure et Docteur ès sciences, j’associe expertise chirurgicale, innovation et approche scientifique dans ma pratique.
Au sein de mon cabinet du 7e arrondissement de Paris, j’intègre des technologies avancées et des protocoles personnalisés en médecine esthétique, avec une attention particulière portée aux traitements peu invasifs, à la régénération cutanée et à l’obtention de résultats naturels et harmonieux.